La photoprotection cutanée constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de l'augmentation continue des expositions aux UV et de l'incidence corrélée des cancers cutanés. Malgré le consensus scientifique sur la nécessité de se protéger, des controverses persistent concernant l'exposition systémique aux filtres UV à fortes concentrations et leur impact environnemental, depuis leur production pétrochimique jusqu'à leur présence dans les milieux aquatiques.
Bien que la réglementation cosmétique européenne garantisse un niveau élevé de sécurité, plusieurs travaux mettent en évidence des incertitudes sur la toxicité humaine et écotoxicologique de certains filtres, dont l'usage s'étend désormais à des produits non destinés à la photoprotection primaire (soins anti pigmentation, anti-âge, maquillage). Cette diversification accroît l'exposition cumulative et questionne un possible glissement du rapport bénéfice-risque lorsque les filtres utilisés présentent des profils toxicologiques hétérogènes.
La production mondiale atteint environ 40 000 tonnes annuelles, avec un impact environnemental notable lié à l'origine pétrochimique des molécules, à leur empreinte carbone et à leur persistance dans l'environnement. Les filtres de nouvelle génération montrent des améliorations de photostabilité, pénétration cutanée et écotoxicité, mais leur synthèse est souvent plus intensive et leur biodégradabilité faible à nulle.


